Tableaux d’injustices

La Justice et la vengeance divine poursuivent le crime… Et que poursuit la justice de nos jours ?

Pierre Paul PRUD’HON : La justice et la vengeance divine poursuivant le crime (1808). Ce tableau est l’oeuvre d’un peintre fort honoré sous l’Empire. Cette allégorie à vocation morale de PRUD’HON peut s’inscrire, vu son thème (justice, ordre, respect) dans la lignée d’un Greuze.

En 2000, le musée de Vizille faisait l’acquisition du meilleur tableau qu’on ait conservé du très modeste Jean-Baptiste-Claude Robin dont la gloire consistait, pour l’essentiel, à avoir associé son nom à la dissolution de l’Académie royale de peinture dès 1789<br />Le père de Lally-Tollendal, Thomas Arthur de Lally-Tollendal (1702-1766), habitant de Romans sur Isère, général français, avait été décapité en place de Grève le 9 mai 1766 sans que Louis XV se soit opposé aux Parlements pour sauver la tête de l’ancien Commissaire général aux Indes orientales. Voltaire, l’homme de Callas et de Sirven, dénonça aussitôt ce procès bâclé et cette exécution précipitée. Le despotisme des magistrats et l’incurie judiciaire étaient deux de ses grands thèmes. Combien on le comprend ! La noblesse de robe à partir de cette époque n’a pas peu contribué au naufrage de la monarchie par son refus obstiné de réformer l’exercice de sa justice.

 

… Mis à mort sous l’ordre du roi Cambyse, il est écorché. Cette peinture exemplaire (« Exempla ») du peintre flamand David (XVè) était suspendu au dessus de la tête des magistrats de Bruges.

 

Un procès entaché de fautes et instruit uniquement à charge. Le capitaine Dreyfus est le type même de l’innocent broyé par une machine judiciaire aveugle et obtuse.

 

Procès à charge en 1923…. En 2006 refus de la chambre de révision de réviser un procès que les spécialistes du droit s’accordent pourtant à reconnaître faussé… Quand donc les juges rendront enfin des comptes de leurs erreurs comme tous leurs collègues agents publics ?